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jeudi 13 novembre 2008

Théorisation finale

suite de : 1. Serait-ce une secte ? ; 2. Le conditionnement de la secte des calories

Pour conclure sans conclure ( vous comprendrez pourquoi j'utilise ces deux mêmes mots dans cette phrase – ce qui a un côté extrêmement disgracieux, je vous l'accorde -) Voici l'extrait d'une interview de Paul Ariès (politologue, sociologue, militant anti-secte...) dont la bibliographie mcdonaldienne est très fournie :


Paul Ariès : "pour moi, McDo n'est pas américain. Sinon, je mangerais McDo comme j'aime manger chinois ou japonais. C'est la bouffe de l'OMC, la bouffe de la pensée unique, une universalité réduite au plus petit commun dénominateur. Une sorte de régression culinaire. Et les sectes, qu'est-ce d'autre ? En général, on pense bourrage de crâne, manipulation mentale. Mais c'est, au contraire, une façon d'organiser techniquement, de façon tout à fait sérieuse, une régression vers les archaïsmes qui sont en chacun d'entre nous. On retrouve donc, dans McDo et dans la Scientologie, deux figures de la régression qui semblent être des figures de la mondialisation. McDo est le laboratoire de l'alimentation du futur et la Scientologie celui du management du futur. Je ne suis pas contre la mondialisation, mais pour une mondialisation qui vienne de l'homme. "


Non, on ne peut peut pas dire que mon McQ soit une secte, car ça reviendrait à conclure qu'une porte est une fenêtre. Y a un problème de définition, tout simplement. Mon restaurant est une entreprise, avec cette caractéristique qui annule le mot secte : elle fournit un salaire au travail fourni. Et ça, c'est lourd de signification.

Mais l'intérêt de cette pseudo étude n'était pas de conclure à cette question « serait-ce une secte ? » l'intérêt, c'était de prendre du recul, et pour ma part de cerner ce que je répète depuis la création du tout premier blog : il y un système sous-jacent à ce job qui me gêne à un niveau moral.

Et, c'est dans la bibliographie de Paul Ariès, dans son livre " la Mcdonaldisation du monde" que je trouve enfin la théorisation de ce problème flou.

Parlons du langage si spécial que me faisait répondre oui au questionnaire sur les sectes, qui a fait doucement débat avec Lom, et voyons ce qu'en dit ce cher sociologue dans « la mcdonalisation du monde » :

« Ce langage autorisé est par ailleurs très largement euphémérisé. Il passe par l'usage d'un langage-maison, mélange de terminologies américaine et française. Ce langage artificiel n'offre pas une vue d'ensemble (donc symbolique) mais une représentation enfantine de la réalité. Il organise un brouillage sémantique, car certains termes usuels fonctionnent avec une signification différente de celle du sens commun (temps choisi pour temps imposé, polyvalence pour déqualification, travail en équipe pour déprofessionnalisation etc.) Ce brouillage consiste aussi dans la confusion de la logique de l'entreprise avec celle des clients. L'équipier qui n'exécute pas un « bon » travail ne manque pas à ses obligations de salarié face à son employeur, mais trompe la confiance de ses « invités ». [...] L'équipier ne peut progresser dans la hiérarchie qu'en accédant à travers ce langage officiel à une normalisation de sa pensée. Le Management devient ce « lieu » mythique prestigieux qui détient la version légitime de ce qui se passe pour être la vérité et donc aussi la réalité. Ce pouvoir n'est cependant plus fondé comme autrefois sur la compétence (réelle ou feinte) mais directement sur la fonction qui donne accès aux « secrets ». »

Pour reprendre la métaphore des sectes, le manager serait l'initié aux secrets et imposerait la mystique faite de norme et de bizarreries langagières. Seul le gourou ( chez moi, le directeur de marché) serait en droit de modifier ce langage, de modifier les lois suprêmes de l'enseigne ( la norme).

Et sur la tenue :

« L'objectif est bien sûr de séduire le client ou le salarié au moindre coût. L'équipier vend à « son » invité un signe de reconnaissance flatteur bien que robotisé, il reçoit de son supérieur un même signe aussi efficace. [...] L'objectif est aussi de normaliser le comportement de chaque salarié. Plus rien n'échappe au contrôle du management « psy » même le plus intime. L'équipier ne peut plus s'habiller, se parfumer, se maquiller librement. Il ne doit pas davantage sourire, regarder ou parler librement. Cette taylorisation de l'intimité est l'aveu d'une monstrueuse déshumanisation rampante. »

l'adepte entrant dans une secte se doit d'adopter le « style » de la secte et abandonner tout ce qui fait de lui un être à part. Tout comme l'équipier, il est soumis à des règles strictes concernant son physique ( et je n'aborde pas les questions d'hygiène). Pas de bijoux, pas trop de maquillage, attention à la coiffure ( même si les cheveux sont attachés). Dans la masse moléculaire que représente le restaurant, la molécule équipière ne peut se différentier de la masse, il n'en a pas le droit, même la vision d'un tee-shirt sous la tenue d'un équipier fait scandale chez l'initié manager, la règle n'est pas respectée, il bafoue l'ordre quasi mystique.

Autre détail : le manager, le formateur a le droit à une poche dans sa chemise, c'est signe de confiance « non, tu ne peux pas voler – tu es « initi é » contrairement à l'équipier, adepte jetable en qui personne ne peut faire confiance, car il n'est pas dans la connaissance.

Sur la notion de « famille » qui a priori est toute mignonnette, mais qui on le voit chez les sectes la cause de non-fuite :

« Cette normalisation fondée sur la psychologisation de la relation engendre cependant une situation ambiguë dans la mesure où l'équipier, venu simplement pour travailler découvre finalement une famille. Cette relation aberrante élargit le champ de ses obligations, car comment savoir où commencent et où finissent ses droits et ses devoirs dans le cadre d'un engagement dont la définition elle-même lui échappe. Cette opacité relationnelle rend ainsi le refus d'une directive beaucoup plus aléatoire et coûteux car comment savoir en effet s'il s'agit d'un ordre donné par son chef ou d'un souhait formulé par un ami ? Ce brouillage se nourrit bien sur de nombreux chantages affectifs (usage du prénom, tutoiement, sorties collectives etc.). Il fonctionne comme une technique d'intimidation faisant de toute revendication une entreprise condamnable de « dépsychologisation » de la relation. Un homme « bien » ne se dissimule pas en effet derrière des règles juridiques (Le code du travail) pour refuser d'aider un ami, de tenir sa parole, d'aider les autres. Cette affectivité enveloppante crée donc une situation mensongère beaucoup plus difficile à gérer pour le salarié que l'ancien compromis fordiste. »

Et ouais, qui ne s'est pas senti coupable quand il a refusé des heures supplémentaires à un manager-ami, ou qui malgré des heures de cours le lendemain matin est resté jusqu'à la fermeture pour aider, comme on rend un service à son frangin en galère.
On oublie trop souvent que c'est une entreprise qu'on sert.

« Il substitue donc le profil psychologique au savoir et au savoir-faire. Cette prétention à saisir la personne derrière le salarié devient vite dangereuse. Le manager ne renonce en effet qu'en apparence à sa « puissance ». IL mise pour cela sur une stratégie de « fausse proximité ». [...] On se tutoie, on s'appelle par son prénom, on va ensemble au café, on sort ensemble, on se fait la bise, on se sert la main, on multiplie les gestes familiers, on rappelle l'origine modeste du fondateur et des managers, etc. Cette fausse proximité remplit une fonction d'endormissement des équipiers mais aussi des managers. Les équipiers peuvent toujours rêver partager la « vraie » vie de leur chef. Cette illusion contribue très largement à leur disqualification. Ils ne parviennent plus en effet à penser en tant que catégorie distincte. Elle les place en outre dans la crainte permanente d'une faute qui n'appellerait plus simplement une rectification mais une déception. Cette peur de décevoir fait endurer les conditions les plus dures car elle déplace la vigilance des conditions de travail à l'exécution du travail. Elle favorise l'idéalisation du chef comme figure emblématique de la compétence. Cette fausse-proximité dupe également le manager qui s'illusionne en croyant être dans le « vrai » en côtoyant son « peuple ». Cette relation le mystifie car elle ne peut que renforcer ses convictions. Un chef demeure un chef même dans une soirée commune. L'équipier cachera son savoir pour ne pas s'exposer à des représailles. Il préférera faire l'idiot, ce qui confirmera l'opinion du chef sur lui-même mais aussi sur les autres qui ont tant à apprendre de lui. Le manager ne peut donc ensuite que désirer transformer cet « autre » à son image. Ce désir est proche de la séduction par promesse de puissance. Il révèle d'un fantasme de « toute-puissance » car il vise à changer les hommes. Le manager devrait pour y parvenir non seulement identifier leurs désirs mais aussi pouvoir y répondre donc combler ce « manque ». [...] On accumule cependant ainsi une libido de plus en plus explosive. La rupture provoque de ce fait un déchaînement d'une plus grande violence. L'équipier croît ne plus être aimé. Il se sent trahi. Le manager en aime un autre. [...] Les conséquences en sont la jalousie, les désirs de meurtre refoulés et bientôt la fuite, c'est-à-dire la démission. [...] Le contrat a durée indéterminée meurt de lui-même lorsque la logique des sentiments métamorphose l'amour en haine. L'entretien de la relation deviendrait trop coûteuse psychologiquement. Le personnel n'a pas d'autre solution que de choisir la fuite pour préserver son équilibre. »

Et donc cette fameuse notion d'équipe, n'est pas jolie et pure celle-là ? Ne fait-on acte de bienveillance en jouant collectif ?

« La bataille des ressources humaines se gagne ainsi à coup de sémantique. L'équipe apparaît incontestablement comme un terme très valorisant. On fait équipe lorsqu'on participe à un projet collectif dont l'issue dépend de l'activité de chacun. [...] L'équipier n'existe pas en-dehors ou sans son équipe. [...]
L'équipe McDo est également structurellement éphémère pour être davantage abstraite. Elle se (re)compose au gré du renouvellement très rapide du personnel. [...] L'équipe est sous influence c'est-à-dire organisée de façon à, présenter un profil psychologique toujours standard. [...] Ce système constitue une véritable force de castration car il vise à interdire toute relation « vraie » entre des salariés. [...]
L'équipe semble ne pas dépasser le stade de l'agrégat fonctionnel. Cette situation est sans doute préférable à la formation d'une sociabilité trop forte qui risquerait alors d'échapper au contrôle managérial. [...] Ce refus ne suffit pas bien sûr pour bloquer complètement l'expression de la conflictualité, mais il en change la forme donc aussi la nature. Il favorise ainsi l'éclosion de psychodrames entre les individus de même rang ou de statuts différents. »

Et la polyvalence, c'est cool non, d'être tout plein de compétences diverses :
« La polyvalence offre plusieurs avantages secondaires au profit de McDonald's. Elle modifie en effet la façon dont l'équipier vit sa relation salariale. Cette perception est plus ou moins favorable à la régulation de l'entreprise. La polyvalence de l'équipier renforce la relation de pouvoir dans la mesure où l'équipier universel se trouve directement dépendant de son manager. Elle représente dont une entreprise de fragilisation et d'insécurisation. Chacun peut à tout moment être remplacé par n'importe qui sans conséquence sur la qualité du produit ou sur la marche du restaurant. [...] Cette polyvalence fragilise donc l'équipier, car loin de lui attribuer un « portefeuilles » de compétences réelles elle nie toutes ses identités. [...] Elle engendre alors un sentiment de frustration, mais aussi de jalousie. Cette polyvalence officielle cache cependant une spécialisation honteuse. L'équipier universel ne reçoit pas en effet une formation sur tous les postes de travail. Il n'apprend que ce qui est strictement nécessaire à l'exécution d'une tâche. La polyvalence s'arrête donc devant les besoins de l'entreprise. Les postes ne bénéficient pas par ailleurs d'une même image de marque. Le nouveau est souvent assigné à des tâches de nettoyage et non de production renouant ainsi avec les hiérarchies traditionnelles des métiers de la restauration. Certains managers utilisent en outre cet éventail de postes pour « rétribuer » les équipiers selon leur côte d'amour. [...] Cette politique y gagne en efficacité car l'affectation à un « bon » poste est plus rémunérateur que la désignation comme « meilleur équipier du mois ». »

Et tant qu'on est dans les compétences et tout ça, n'avait vous jamais entendus « mcdo, c'est formateur » « c'est bon pour le CV » et tout le discours du genre qui laisse a penser que notre job d'équipier nous fournit tout un éventail de connaissances... Après 4ans de bons et loyaux services, je retire 2 enseignements de mon expérience : je suis compétente quand il faut speeder, je peux bosser comme 4 et ça, jusqu'à l'épuisement nerveux. Et c'est tout :
« McDo fait pourtant de la qualité de sa formation un critère de légitimation. Il ne conserve pas son personnel, mais il le préparerait durablement à la vie. Nous interrogerons donc la nature même de cette formation. [...]
L'équipier McDo (aussi imaginatif soit-il) ne modifiera jamais les conditions standards de son propre travail. Il ne peut que corriger « ponctuellement » un dysfonctionnement passager d'un système clos. [...] Cette formation enseigne la perte de l'autonomie et de la responsabilité véritable même si McDo parle beaucoup d'initiative personnelle. [...] L'homme McDonalisé est donc celui de la compétition avec ses collègues pour accroître le rendement de l'entreprise. »

En effet, voilà que dans mon nouveau restaurant, je me sens ridicule et forcé de désapprendre la standardinasation de mon langage : bonjour – en menu ? - avec un dessert ? - Face à ces nouveaux clients, je me sens ridicule, alors je renoue avec la naturel, et les clients face à moi sont plus satisfaits Enfin, on parle le même langage, enfin une relation d'humain à humain et pas d'humain à machine M.
« L'équipier McDonalisé ne possède en propre aucune qualification. Il doit être homogène comme les aliments qu'il fabrique et qu'il vend. Il existe ainsi une adéquation entre le type de personnel et la production. McDo utilise une force de travail dont la seule mesure devient quantitative. Il n'a plus à tenir compte des différences culturelles ou sociales. [...]
L'équipier est un élément interchangeable d'une masse informe. »

Équipier, c'est pas un métier, c'est une somme d'actions conditionnées par des règles drastiques, et par cela inapplicable dans un autre environnement, si ce n'est qu'un autre fast-food du genre. Être cuistot, non jamais dans une autre cuisine on vous considéra comme tel, vous n'avez pas l'art de la préparation. Serveuse ? Non plus, votre communication est trop robotique, il faut pour être une bonne serveuse avoir cet art de s'adapter différemment en fonction des clients, pour que tous perçoivent un bon traitement ( et je parle même pas de l'organisation, des pratiques techniques que ça requiert) Caissiére ? Oui, ça à la rigueur, ça peut fonctionner.
Allez un petit résumé qui prends ses sources dans mon domaine privilégié ( la psycho) :
« La relation présente en outre un contenu sadique dans la mesure où il s'agit de mettre l'autre dans l'impossibilité de se défendre ou d'être finalement soi-même. L'équipier doit être châtré pour faire partie du système. Cette castration est imposée à un salarié qui n'a pas d'autres choix que d'accepter cette situation ou de se retirer de l'entreprise : « Face aux conditions salariales minimalistes, à la formation inexistante, aux conditions de travail difficiles, les salariés pour exister n'ont souvent d'autres choix que de développer des mécontentements dont la partie visible peut être traduite par l'absentéisme. Pour y faire face, le manager (...) élit un système de répression dont les principaux outils sont (...) articulés sur un même discours, sur un même non-dit : si t'es pas content, tu pars. Ainsi initialement voilés, apparaît en creux la menace du licenciement. Le manager phallique méprise les salariés parce qu'ils se laissent castrer comme il se méprise lui-même de n'être que l'ombre de son père (...) En obligeant les salariés à démissionner, le manager (...) castre les salariés. Il les rend impuissants en les obligeant à agir autrement qu'en se retirant. » (Loik Roche, Psychanalyse, sexualité et management, Paris, 1995, L'Harmattan, p.213.) »

Castrée... ouais, ça semble résumer un peu ma carrière là bas. J'ai été privé de ma créativité (aucun de mes gestes n'était de moi, c'était l'enseigne qui guidait ma façon de prendre les frites, de nettoyer le sol, etc...) , de mes atouts ( par exemple mon bon contact avec la clientèle, qui a été substitué a un discours creux et robotique pour faire du chiffre qui m'était demandé). J'ai été infantilisée, car chacun de mes gestes était surveillé, même les plus ridicules, aucune confiance en ce que je pouvais faire ( à ce stade-là, comment prendre confiance en soi même si on nous rabâche sans cesse notre nullité en nous reprenant sur petits gestes – très dangereux pour les personnalités fragiles). Il aura fallu 4 années pour qu'on me lâche enfin la grappe ( et encore, pas tout le monde), alors que dans mes autres boulots, au bout d'un jour de formation, on me laisse créer ma propre organisation de travail, on me laisse innover dans la façon de procéder, on me fait confiance en me laissant seule dans le point de vente.

Pour conclure (enfin !), j'aimerais dire que bien heureusement, beaucoup d'autres jobs ne fonctionnent pas de la même manière. Et si pour certains, ce système militaire/sectaire très strict, très autoristariste, fonctionne à merveille pour ce qu'il souhaite d'un job, pour d'autres l'épanouissement se fera ailleurs.

Je rajoute également que la vision donnée par Paul Ariés concerne le restau' « de base », bien heureusement, des managers, des directeurs ont d'autres visions du travail et sur le terrain cela se passe avec un naturel bien plus sain et selon leur morale a eux.

Et j'aimerais remercier tous ces managers (ou toute hiérarchie supérieure à l' équipier) qui savent user de leur personnalité pour rendre un travail qui s'avère pénible en quelque chose de bien plus sain pour tout le monde.

Encore un dernier merci à celui qui m'a permis de reprendre ces extraits, dont je ne me rappelle plus le nom, ni l'adresse du blog ( suite au coup de paranoïa du premier blog...) Qu'il se manifeste, je tiens vraiment à renouer contact avec toi !

Commentaires

... @ l'équipier... - Théorisation fi... 94 weeks ago · 0 replies · 0 points
Ce qui est dingue, et ce qui pourrait accréditer la thèse Mc Do est une secte , c'est le fait que tu y bosses plus depuis plusieurs mois mais que tu continues à te prendre la tête avec cette enseigne. Tu ne fait peut être plus partie physiquement de l'entreprise , mais tu m'as l'air bien " accro " ...

antalibelle @ l'équipier... - Théorisation finale 94 weeks ago · 0 replies · +1 points
remarque trés pertinente ! En effet, avec le manager masqué on s'interroge là dessus, sur cet aprés mcq... ce qui est incroyable c'est que psychologiquement parlant, on s'enerve tout autant que si on y etait encore.
Mais si je suis accro, c'est aussi du blog. Et tout les articles que je pond depuis que je suis partie, je les avait deja en tête ( notamment celui si, qu'était plus ou moins près depuis la création du 1er blog).
C'est étrange, mais que ça accrédite le fait que ce soit une secte, je ne pense pas. C'est encore différent, mais c'est vrai que ça fait peur, je trouve... Pas moyen de se mettre en tête que c'est juste une entreprise, et ça, c'est tout a fait dangereux.

Lom @ l'équipier... - Théorisation fi... 93 weeks ago · 0 replies · 0 points
Là tu pousses un peu le bouchon, mademoiselle, et avec une part de "volontairement" :P

Non, un langage adapté à un travail ne lobotomise pas sémantiquement les gens :P (Et je ne me sens en rien initié de secte) ^^

Pour la Famille McDonald, j'y vois une vaste blague : L'auteur du texte n'a soit jamais travaillé chez McDo, soit est de mauvaise foi absolue : La Famille McDo, c'est un mot vide de sens pour l'enseigne, mais qui a une réalité propre dans un restaurant : Tous les équipiers finissent par se connaitre, beaucoup finissent par s'apprécier, certains deviennent amis.

Chaque restaurant est unique avec une direction unique, une politique unique, des relations sociales uniques. On peut soit travailler et faire en sorte ensemble que tout se passe pour le mieux, ou pour le moins pire. Ou on peut aussi avoir de vrais rapports d'autorité avec ses employés, exiger un travail donné pour un salaire donné, interdire les bavardages, supprimer la salle équipier qui est le coeur des rencontres entre équipiers... Certains McDo vivent cela, d'autres non. Mais de manière général, on est plutôt bien traité dans l'enseigne..

Il est facile de fantasmer des raisons farfelues à ce lien d'équipe, voire d'avoir des supérieurs qui utilisent le système à leur profit. Mais en accuser une méta société regroupant presque un millier de franchises, c'est un peu gros !

Je n'ai jamais utilisé le sentiment pour faire rester des équipiers "amis" plus longtemps. Je ne me suis jamais dit "il faut être amis avec les équipiers pour pouvoir les manipuler". Non, puisque à une exception près (la close où je me donne un quart d'heure :P) je ne fais JAMAIS dépointer aucun équipier en retard, quelque soit la foule devant le comptoir où l'état de la cuisine. A chaque fois que je demande à quelqu'un (avant le rush, jamais pendant) de rester plus longtemps, je précise toujours qu'il n'est pas obligé, qu'il peut dire non... J'avoue, souvent ils hésitent avant de dire oui, mais je dis non pour eux dès qu'ils hésitent :P

Quant à la polyvalence : Là encore quelqu'un qui raconte n'importe quoi sur un truc qu'il ne connait pas. Prenons un équipier qui arrive pour son premier jour. Nommons le Antalibelle. Disons lui : Notre équipier-frite a démissionné hier, tu feras des frites !

Antalibelle va être contente d'avoir un travail, et se dire "Ok, c'est parti pour les frites". Et comme la polyvalence, c'est le maaaal, c'est prouvé, Antalibelle ne fera que des frites, absolument que des frites, 25 h par semaine pendant..... combien de temps ? Combien de temps avant de craquer ?

Lom @ l'équipier... - Théorisation fi... 93 weeks ago · 0 replies · 0 points
La polyvalence, c'est briser la monotonie d'un travail difficile. Oui, c'est plus facile pour moi en cas de crise de placer les équipiers idéalement sur le terrain s'ils sont polyvalents. Mais c'est surtout plus facile du coup de leur demander où ils préféreraient être ce soir-ci et leur faire faire un poste qu'ils aiment (pour Anta, je devrais dire : Qu'ils détestent un peu moins :P ) !

Je ne renierai pas entièrement la "castration", mais je vais faire un aveux fracassant : Je me destinais initialement à l'enseignement. J'ai été professeur vacataire pendant quelques temps. Si tu savais comment un prof est mille fois plus limité dans son champ d'action ! J'ai fait divers autres boulots également, même constat. Je finis par en conclure que c'est le cas... dans toute entreprise.

Cependant, je le renie aussi : Dans mon restaurant, une équipière a trouvé plus "kawai" d'emballer les petits wraps en nouant les deux cotés pour en faire une sorte de bonbon bertlingot géant. J'ai laissé faire.... puis elle a été copiée. Et finalement, on est sans doute le seul restaurant de France où tous les Wraps sont enroulés dans du papier bonbon ;D

Il faut partir d'un système simple qui (comme tant de chose) n'est pas en place dans assez de restaurant : Quand on forme quelqu'un, on ne doit surtout pas lui dire ce qu'il doit faire et comment il doit le faire ; On doit dire aux gens ce qu'ils doivent faire et pourquoi ils doivent le faire. S'il y a une raison de balayer comme ci ou de faire les frites comme ça, alors on ne brime pas la créativité, on donne des astuces pour se faciliter / accélérer / sécuriser le travail.

C'est facile de cracher sur le boulot d'équipier pour un sociologue en mal d'affaire mondialisée à critiquer, mais tout le monde a déjà vu chez McDo des gens qui n'avaient rien d'autre, à qui on a refusé tous les autres boulots, qui ne savaient plus comment ils allaient se nourrir et se loger, et qui finalement ont enfin été acceptés quelque part. Et c'est chez nous. Il n'y a pas que des étudiants chez McDo !

Je ne défends pas McDo pour défendre McDo ; C'est juste que ce n'est pas McDo qui rend la vie de tant d'équipiers un enfer, c'est l'équipe dirigeante de leurs restaurants. Et qu'un sociologue juge un travail qu'il ne connait pas, et surtout qu'il juge qu'un travail n'est pas un travail, ça me dépasse. Pendant mes études, j'ai vidé des camions en intérim, à me faire hurler dessus parce que je tirais pas des rouleaux de moquettes assez rapidement, tout ça la nuit, dans le froid. Et on part pas avant que le boulot soit finit, ça change rien à ta paye. J'ai été serveur en restaurant classique : 10h tu débutes, 15h fin du service, 18h tu reprends, 3h du mat tu peux repartir chez toi, et hop, 6 jours par semaine. A te faire hurler dessus en cusiine aprce que tu n'envoies pas assez vite els plats, parce que tu n'as pas pressé les gens à la table 114 pour qu'ils partent à temps pour le second service, et le tout payer .... 35h par semaine là où on en fait 43. J'ai travaillé dans un magasin de produits électriques pour les entreprises : Boulot pas trop fatigant, bonjour aux collègues quand on arrive le matin, on bosse le nez dans ses cartons, au revoir quand on part ; Super relations sociales. Bref, tout le monde ne peux pas avoir le job de Jean Pierre Foucaud, devenir star de la chanson, être médecin. Oui, les McDo n'existeraient pas s'ils n'y avait pas de client.

Alors peut être qu'un équipier peu trouver super créatif de dessiner une étoile avec les produits sur le plateau du client. Mais pour moi, comme la majorité des clients sont droitiers, et que les gauchers se sont bien adaptés dans un monde de droitiers, placer les choses lourdes, donc les boissons, de leur côté droit, je trouve cela prévenant pour lui. Pas castrateur. Les boissons sont froides, les frites chaudes, c'est logique et sympa pour le client de les séparer pour éviter de réchauffer les uns et refroidir les autres. Pas castrateur. Du coup, à moins de lancer les sandwiches à la gueule du client, leur place logique et seule possible, pas castratrice, c'est au milieu du plateau. C'est la règle ici sauf qu'elle a une raison, et des règles il y en a dans toute entreprise, et souvent sans raisons elles.

[Et j'ai encore fait un pavé :P ]

antalibelle @ l'équipier... - Théorisation finale 93 weeks ago · 0 replies · +1 points
MDR ! j'avais parié que t'aller crier, j'ai gagné !
Nan, mais le pire, c'est que j'ai choisit les extraits les plus softs. Bon, je suis pas une spécialiste de ce cher paul, mais il me semble tout de même qu'il connaisse son sujet, le problème étant peut être que le livre date. Il en a fait d'ailleurs pas mal dans la série genre " le petit manuel anti-mcdo" par exemple. Et c'est par ailleurs un spécialiste des sectes.

Concernant la castration il faut l'entendre au sens psychanalytique du terme. un exemple ou je me suis sentie "castrée". Pour les gateaux, je les avais placé de façon à ce que sur chaque plateau on puissse trouver toute la gamme, pour que les clients puisse voir leur choix même s'il etait coincé entre des tonnes de gens. Je trouvais + joli et plus vendeur. Bah nan, voila qu'on me sort " c'est pas comme ça qu'on fait". ridicule. toutes les micro idées que j'ai pu avoir on était jeté avec cette phrase. Comme toute les phrases standardisés, pour moi c'était l'horreur de devoir faire de la vente suggestive a un pauvre gamin qu'avait juste sa piece de 2 euros dans sa main ( bien visible). ou encore saler en m trois frites (vraiment 3), c'est ridicule, c'est du gaspillage en plus... Comme toi, je respecte les régles seulement quand elle me semble justifiée. Et dans mon resto c'était juste des regles pour assouvir un pouvoir, le pouvoir d'ecraser l'equipier. Comme forcer un équipier à jeter un gateau qui etait emballé dans son plastique car il ne l'avait pas pris avec une pince, ridicule !
Une foule d'ordre de la sorte (avec impossibilité de les renier, sinon gare aux conséquences) , ça abruti n'importe qui... comme je disais, aprés sur le terrain c'est les chefs en présence qui font la différence. mais tant qu'il y aura des complexes d'infériorité refoulée chez des .... nan je le citerais pas, mais c'est quelqu'un qu'on connait toi et moi, lom y aura des problemes et je pense que cette joyeuse entreprise peut favoriser ce comportement d'abus de pouvoir chez certains, surtout quand y a une grosse répression syndicale...
Bref, tu as de la chance lom, je devine que tu es un bon manager et que tu peux exercer ta bonté.
Aprés, moi, c'est malheureux, mais pour beaucoup de points je suis d'accord avec paul, et comme l'a souligné "..." j'en suis visiblement traumatisé car je parle toujours de ce job aprés l'avoir largement quitté, lol !

antalibelle @ l'équipier... - Théorisation finale 93 weeks ago · 0 replies · +1 points
pour la communication, si ça lobotomise, là dessus je suis intransigeante. Je croyais devenir folle quand je passais 9heures en caisse à dire "bonjour-sur place ou a emporter" ou le coup de repeter sans cesse les parfums des flurry.... ca me rendait dingue. parfois, je disais bonjour comme ça dans le vide, par reflexe mdr. j'entends encore frite coca frite coca dans mes cauchemars lol

Lom @ l'équipier... - Théorisation fi... 93 weeks ago · 0 replies · 0 points
Moi j'aurais adoré qu'un de mes équipiers me fasse une jolie vitrine. Du coup, j'en ai fait une jolie tout seul, comme les miens n'ont aucune imagination, et je l'ai photographié pour en faire une "suggestion de présentation" dans le cadre de la formation :P

Et je vais te révéler un grand secret : Il n'y a aucune règle sur la disposition de la vitrine à part "Ne pas faire de présentation perpétuelle avec des gâteaux qui pourrissent, c'est dégueulasse !" (je n'exagère pas, cette règle existe pour de vrai, car j'ai aussi connu pour de vrai des restaurants avec un étage de la vitrine consacré à montrer les pâtisseries avec des vieilles pâtisseries...)

Pour le salage en M, pareil : Le M c'est le moyen mnémotechnique, c'est pour que même les plus idiots mettent du sel sur TOUTES les frites quand il y en a une panière pleine, et grosso modo la même dose partout.. Sur trois frites, c'est ridicule, et au contraire un bon manager t'aurait houspillé gentiment pour ton application bête de la norme !

Maintenant, quand ces idiots deviennent managers (voire plus), forcément ça fait peur :D

Pour la communication, tu n'as pas tort. Mais quand ton client veut savoir ce qu'il peut mettre dans le McFlurry, tu es bien obligé de le lui dire même si tu 'las dit au 40 clients d'avant :P

Et puis sur place à emporter, tu peux admettre aussi que c'est pratique pour le client ^^

Maintenant, j'ai toujours tout fait en caisse pour briser cette monotonie... En changeant mes formules d'accueil, mes phrases toutes faites. Mais bon, je suis comme toi, on peut pas dire du coup que la caisse est mon poste préféré (pourtant ce qui est rare pour un homme, mon premier poste a été la caisse, pas la cuisine).... Et saint Ronald créa la polyvalence :D

( http://www.lelombrik.net/images/19214/saint-ronal...)

La vente suggestive, pareil, ton directeur / managers / formateurs méritent des coups de poing ! Il est absolument interdit par McDo France de faire de la vente moussée et/ou suggestive dans les cas suivants :
- Enfants et affiliés (exemple, un client qui vient avec son frère souffrant du Syndrome de Down et qui l'envoie rechercher un truc en caisse....)
- Gens qui ont conclus leur commande par "ça sera tout" ou "et c'est sur place/à emporter", ou dont on sent dans l'intonation de voix qu'ils ont arrêté leur choix

Et pour l'auteur : en fait, je trouve cela dangereux que quelqu'un soit obnubilé à ce point par une société, jusqu'à en écrire des bouquin entiers ! Je garde énormément d'esprit critique dans mon boulot, d'où sans doute le fait que je monte moins facilement dans ma hiérarchie interne. Mais d'où aussi le fait que tout ce passe plutôt mieux avec moi sur le terrain, et que je sois apprécié hors de ma franchise, chez McDo France.

Et sinon je t'accorde un point sous forme de fausse blague / devinette :

De quoi parlent deux équipiers qui se rencontrent lors d'une fête ou dans un magasin ?

Réponse : De McDo.

Et je suis autant atteint du syndrome que toi, je poste sur ton blog :P

Oui McDo crée son mini univers, sa mini société dans la société. Avec des amis mcdo, des potins mcdo, des couples mcdo, des drames mcdo...

Je pense que l'une des raisons est la jeunesse relative des équipiers, ce qui pousse a plus de relations sociales ; Le fait qu'effectivement ce boulot soit très prenant psychologiquement parlant doit être un deuxième élément de réponse.

Mais de quoi parlent deux joueurs de World of Warcraft quand ils se rencontrent dans une fête ?

De quoi parlent deux héroïnomanes qui se rencontrent au détour d'une ruelle sombre ?

En fait, quitte a critiquer cette atmosphère particulière, je préférerais que tu dises que McDo est une drogue plutôt qu'une secte :P Enfin que ce pseudo auteur qui a trouvé un sujet polémique pour vendre assez de livres pour vivre dise.

antalibelle @ l'équipier... - Théorisation finale 93 weeks ago · 0 replies · +1 points
arreteuuuu de critiquer paul ! Je pense que c'est quelqu'un de serieux dans ce que j'ai pu voir de l'étude de la scientologie et il n'a ecrit que 2 livres sur le McDo et de plus il n'est pas le premier a écrire des choses de la même veine.
Moi, ce que je peux dire, c'est que psychologiquement comme tu dis y a un probleme, ça tourne à l'obssesion tout ça. et un boulot tel qu'équipier ne devrait au contraire pas être psychologiquement prenant de cette maniére. Je vois plutôt d'un mauvais oeil cette addiction qui nous fait parler M tout le temps. tout ça, ça empeche d'avoir du recul et de jauger la situation correctement, parce qu'on est a fond dans la barrique de frite si tu vois l'image. Et quand on est dans un restau a probleme comme le mien, ça fait que beaucoup ne se rebelle pas contre des conditions pas tenables ( prises denudées créant électrisation, pas de pansements...) parce que on est dans cette atmosphére bonne enfant, la tête dans l'huile, ne se rendant même pas compte qu'on foule nos droits...
Et quand qqun de l'extérieur nous dit que c'est pas normal qu'on s'electrise à a chaque fois qu'on touche un toaster, on va lui parler de cette bonne ambiance entre nos potes et ces blagues trop marrantes etc...
voilà le danger.
Être aveugler par cette atmosphère et que l'entreprise en profite pour ne faire aucun effort pour ses salariés, voire en retire ses droits élémentaires ( rappelle toi, la femme enceinte et l'impossibilité qu'elle parte en pause, par exemple)
C'est ce qui s'est passé chez nous.

au sujet de mes idiots de managers... lol. c'est pas vraiment les managers en fait, c'est surtout la spécialité du responsable de marché, les remarques ridicules sur nos façons de faire... et quand je pense que ce type a 3 restaurants....




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